FINANCES PUBLIQUES · LOI DE FINANCES 2026 · ALGERIA BUSINESS

Budget de l'État 2026

La loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 fixe pour 2026 un budget de 17 636,7 milliards de dinars de crédits de paiement pour 8 009,0 milliards de dinars de recettes. Cette fiche Algeria Business remplace l'ancien format par une lecture consolidée, sourcée et exploitable du budget, de ses hypothèses macroéconomiques, de sa structure de recettes, de ses dépenses et de ses principaux risques d'exécution.

Loi n° 25-17JO n°88 · 31 déc. 2025Exercice 2026Données finales + cadrage DGPP

Les chiffres essentiels

Les montants ci-dessous correspondent à la loi de finances 2026 et au cadrage officiel associé. Les crédits votés ne sont pas équivalents aux dépenses effectivement exécutées.

Recettes budgétaires8 009,0 Mds DA19,1 % du PIB projeté
Crédits de paiement17 636,7 Mds DA42,1 % du PIB projeté
Solde budgétaire-9 627,6 Mds DAÉcart recettes / crédits votés
Solde global du Trésor-5 186,6 Mds DAHypothèse de consommation à 70 %
Croissance réelle4,1 %Prévision macroéconomique 2026
PIB nominal41 878,3 Mds DAProjection 2026

Comment lire le budget 2026

Deux déficits, deux lectures

Le solde budgétaire de -9 627,6 Mds DA correspond à la différence entre les recettes prévues et la totalité des crédits de paiement ouverts. Le solde global du Trésor, estimé à -5 186,6 Mds DA, repose sur une hypothèse de consommation des crédits de 70 %. Les deux indicateurs ne décrivent donc pas exactement la même chose.

Lecture AB : pour apprécier la contrainte de financement réelle, il faut suivre l'exécution des dépenses et non seulement le plafond voté.

Hypothèses structurantes

  • Prix fiscal de référence du pétrole : 60 $/baril.
  • Prix de marché retenu : 70 $/baril.
  • Croissance du PIB : 4,1 %.
  • Croissance hors hydrocarbures : 4,9 %.
  • Baisse attendue des volumes exportés d'hydrocarbures : -2 % en 2026.
  • Taux d'exécution budgétaire utilisé dans le cadrage du Trésor : 70 %.

Trajectoire macroéconomique 2026-2028

Prévisions officielles associées à la loi de finances. Elles constituent un scénario de cadrage, pas des réalisations.

Indicateur202620272028
PIB nominal41 878,3 Mds DA45 018,4 Mds DA48 395,7 Mds DA
Croissance réelle du PIB4,1 %4,4 %4,5 %
PIB hors hydrocarbures36 286,5 Mds DA39 578,3 Mds DA43 117,8 Mds DA
Croissance hors hydrocarbures4,9 %5,0 %5,0 %
Fiscalité des hydrocarbures2 697,9 Mds DA2 588,4 Mds DA2 513,5 Mds DA
Solde global du Trésor-5 186,6 Mds DA-5 133,8 Mds DA-5 417,1 Mds DA

Recettes : une structure encore très sensible aux hydrocarbures

Comparaison entre la LF 2025, la clôture estimée 2025 et la loi de finances 2026, en milliards de dinars.

RecetteLF 2025Clôture 2025LF 2026Évolution LF25 → LF26
Recettes budgétaires8 523,19 204,58 009,0-6,0 %
Recettes fiscales4 156,94 058,04 327,1+4,1 %
Impôts sur le revenu2 020,11 937,62 068,6+2,4 %
Impôts sur la consommation1 471,51 513,61 619,4+10,0 %
Droits de douane et assimilés406,6421,8417,0+2,6 %
Fiscalité des hydrocarbures3 454,03 454,02 697,9-21,9 %
Revenus des participations financières de l'État580,01 310,4600,0+3,4 %
Produits divers du budget250,0300,0300,0+20,0 %

Ce qui change

Le recul des recettes budgétaires entre la LF 2025 et la LF 2026 provient principalement de la baisse de la fiscalité des hydrocarbures budgétisée, qui recule de 756,1 Mds DA. En sens inverse, les recettes fiscales ordinaires progressent.

Lecture structurelle

La LF 2026 vise à accroître les recettes hors hydrocarbures, mais la fiscalité énergétique reste un déterminant majeur de l'équilibre. La soutenabilité à moyen terme dépend donc de la capacité à augmenter durablement l'assiette fiscale hors rente.

Dépenses : priorité renforcée à l’investissement

Crédits de paiement inscrits par nature économique. Montants en milliards de dinars.

Nature de dépenseLF 2025LF 2026VariationÉvolution
Personnel4 445,84 465,9+20,1+0,5 %
Fonctionnement des services426,2446,1+19,9+4,7 %
Investissement3 128,34 073,8+945,5+30,2 %
Transferts5 928,25 959,8+31,6+0,5 %
Charges de la dette publique539,8566,4+26,6+4,9 %
Opérations financières127,85,8-122,0-95,5 %
Dépenses imprévues2 198,52 118,9-79,6-3,6 %
Total16 794,617 636,7+842,1+5,0 %

Le signal le plus visible : l'investissement

La hausse la plus importante porte sur l'investissement, qui progresse d'environ 945,5 Mds DA entre la LF 2025 et la LF 2026. Le rapport de présentation distingue 1 714,3 Mds DA de programmes neufs et 2 359,5 Mds DA de programmes en cours.

Les dépenses rigides restent dominantes

Personnel et transferts représentent ensemble plus de 10 400 Mds DA de crédits. Cette structure réduit la marge d'ajustement rapide en cas de choc sur les recettes et renforce l'importance du suivi de l'exécution.

Principaux portefeuilles de crédits

Sélection de crédits de paiement inscrits à l'État B de la loi de finances 2026. Ces montants ne sont pas directement comparables à la dépense économique par fonction : ils correspondent à des portefeuilles administratifs.

PortefeuilleCrédits de paiement 2026
Finances3 384,7 Mds DA
Défense nationale3 205,3 Mds DA
Éducation nationale1 851,3 Mds DA
Intérieur, collectivités locales et transports1 535,7 Mds DA
Santé1 048,2 Mds DA
Agriculture, développement rural et pêche886,5 Mds DA
Habitat, urbanisme, ville et aménagement du territoire859,3 Mds DA
Travail, emploi et sécurité sociale811,4 Mds DA
Enseignement supérieur et recherche scientifique807,1 Mds DA
Attention à l'interprétation : le portefeuille « Finances » comprend notamment 2 118,9 Mds DA de crédits non assignés. Il ne doit donc pas être lu comme une dépense propre de l'administration financière.

Les dépenses fiscales : un coût budgétaire à suivre

La loi de finances évalue à 588,6 Mds DA les dépenses fiscales pour 2026. Elles correspondent à des exonérations, réductions ou dispositifs qui diminuent les recettes par rapport au régime de droit commun.

Total dépenses fiscales588,6 Mds DAPrévisions 2026
Douanes443,5 Mds DAPrincipal poste
Impôts115,6 Mds DADont soutien investissement / emploi
Domaine national29,5 Mds DAConcessions et cessions

Le suivi des dépenses fiscales est indispensable pour apprécier le coût réel d'une politique d'incitation. Une exonération peut soutenir l'investissement ou l'emploi, mais elle constitue aussi une ressource à laquelle l'État renonce.

Analyse Algeria Business

Un budget très expansionniste

Les recettes prévues couvrent environ 45 % des crédits de paiement ouverts. Le poids du déficit budgétaire brut est donc élevé. L'équilibre opérationnel dépend fortement du rythme réel de consommation des crédits, du niveau des recettes effectivement encaissées et des besoins de financement du Trésor.

La diversification des recettes reste centrale

La fiscalité des hydrocarbures représente encore près d'un tiers des recettes budgétaires prévues. La hausse des recettes fiscales ordinaires va dans le sens d'une diversification, mais elle ne compense pas totalement le recul budgétisé des hydrocarbures.

Les dépenses rigides limitent la flexibilité

Personnel et transferts représentent ensemble près de 59 % des crédits de paiement. En cas de choc sur les recettes, ces postes sont plus difficiles à ajuster rapidement que certaines dépenses d'investissement ou opérations ponctuelles.

L'investissement est le principal levier de croissance

La forte progression des crédits d'investissement peut soutenir l'activité et les infrastructures si l'exécution est effective, bien ciblée et accompagnée d'une sélection rigoureuse des projets. Le montant voté ne suffit donc pas : taux d'exécution, délais, coût final et qualité économique des actifs seront déterminants.

Les points de vigilance pour 2026

  • Prix et volumes d'hydrocarbures : le cadrage repose sur 60 $ de prix fiscal de référence et 70 $ de prix de marché, avec une baisse prévue des volumes exportés.
  • Exécution des dépenses : le solde global du Trésor est calculé sur une hypothèse de consommation budgétaire de 70 %.
  • Recettes hors hydrocarbures : leur progression constitue l'un des indicateurs clés de soutenabilité.
  • Investissement public : l'enjeu n'est pas seulement d'ouvrir des crédits, mais de convertir ces crédits en projets achevés et productifs.
  • Dépenses fiscales : leur coût de 588,6 Mds DA doit être rapproché de leur efficacité économique réelle.
  • Financement du déficit : la structure du financement — dette domestique, ressources du Trésor, instruments de marché — déterminera l'impact monétaire et financier du budget.

Sources & méthode

La page distingue les montants juridiquement inscrits dans la loi de finances des hypothèses et analyses issues du rapport de présentation.

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