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Structure des recettes publiques en Algérie

Les recettes de l’État proviennent de plusieurs sources : fiscalité ordinaire, fiscalité des hydrocarbures, revenus du domaine public, participations financières et autres produits budgétaires. Pour analyser leur solidité, il faut distinguer les recettes réellement encaissées, les prévisions de loi de finances et les ressources utilisées pour financer un déficit.

Mise à jour : septembre 2026 · PLF 2026 et réalisations 2024 Banque d’Algérie
Recettes budgétaires 20268 009 Mds DA19,1 % du PIB
Recettes fiscales4 327,1 Mds DA54,0 % du total
Fiscalité hydrocarbures2 697,9 Mds DA33,7 % du total
Hors hydrocarbures5 311,1 Mds DA66,3 % du total
Solde budgétaire−9 627,6 Mds DA2026
Prévisions 2026

Les impôts ordinaires deviennent le premier bloc de recettes

La DGPP prévoit 8 009 Mds DA de recettes budgétaires en 2026. La fiscalité ordinaire hors hydrocarbures représente plus de la moitié du total, devant la fiscalité budgétisée des hydrocarbures.

Recettes fiscales
4 327,1 Mds DA
Fiscalité hydrocarbures
2 697,9 Mds DA
Participations financières
600 Mds DA
Produits divers du budget
300 Mds DA
Domaines de l’État
84 Mds DA

Ces cinq catégories totalisent 8 009 Mds DA. Les catégories affichées à zéro dans le tableau DGPP 2026 ne sont pas reproduites ici.

Fiscalité ordinaire

4 327,1 Mds DA de recettes fiscales prévues en 2026

Les impôts sur le revenu et les impôts sur la consommation concentrent l’essentiel des recettes fiscales ordinaires.

CatégoriePrévision 2026Part des recettes fiscalesLecture
Impôts sur le revenu2 068,6 Mds DA47,8 %IRG, IBS et autres prélèvements sur les revenus.
Impôts sur la consommation1 619,4 Mds DA37,4 %TVA et taxes liées à la consommation.
Droits de douane & assimilés417,0 Mds DA9,6 %Recettes liées aux importations et opérations douanières.
Autres impositions & taxes121,9 Mds DA2,8 %Taxes diverses hors grandes catégories.
Impôts sur le capital96,6 Mds DA2,2 %Prélèvements portant sur le patrimoine ou opérations en capital.
Amendes3,6 Mds DA0,1 %Produit budgétaire marginal.
Hydrocarbures

Une dépendance toujours forte, mais plus faible dans la prévision 2026

La fiscalité des hydrocarbures budgétisée est prévue à 2 697,9 Mds DA en 2026. La DGPP projette ensuite 2 588,4 Mds DA en 2027 et 2 513,5 Mds DA en 2028.

33,7 % des recettes 2026

La fiscalité hydrocarbures représente environ un tiers des recettes budgétaires prévues pour 2026.

Prix fiscal : 60 $/baril

Le cadrage 2026 repose sur un prix de référence fiscal du pétrole brut de 60 dollars par baril.

Volumes d’exportation

La DGPP retient un repli des volumes exportés, ce qui pèse sur la trajectoire projetée de la fiscalité pétrolière.

Lecture AB : une baisse de la part des hydrocarbures dans les recettes ne prouve pas automatiquement une diversification fiscale. Il faut vérifier si les recettes hors hydrocarbures progressent réellement en valeur et si la baisse n’est pas seulement due à un recul des recettes pétrolières et gazières.
Réalisations 2024

8 302 Mds DA de recettes effectivement encaissées

Le rapport annuel 2024 de la Banque d’Algérie permet de comparer la structure réellement observée avec les prévisions futures.

Hydrocarbures — 3 841 Mds DA

Environ 46,3 % des recettes budgétaires 2024. Le montant recule fortement par rapport aux 5 577 Mds DA de 2023.

Recettes fiscales — 3 376 Mds DA

Environ 40,7 % du total 2024. Elles restent la principale composante des recettes hors hydrocarbures.

Recettes non fiscales — 1 086 Mds DA

Environ 13,1 % du total. Elles chutent également par rapport aux 1 646 Mds DA enregistrés en 2023.

Écart 2023–2024 : les recettes budgétaires totales sont passées de 10 718 Mds DA en 2023 à 8 302 Mds DA en 2024. La Banque d’Algérie attribue l’essentiel du recul à la baisse des recettes hydrocarbures et non fiscales.
Recettes ≠ financement

Le déficit n’est pas une source de recettes

En 2026, 8 009 Mds DA de recettes sont prévus face à 17 636,7 Mds DA de dépenses, soit un déficit budgétaire de 9 627,6 Mds DA. Ce déficit doit être financé par des ressources de trésorerie ou de dette ; il ne doit pas être ajouté aux recettes.

Couverture des dépenses

Les recettes prévues couvrent environ 45,4 % des dépenses budgétaires 2026.

Solde global du Trésor

La DGPP prévoit un solde global du Trésor de −5 186,6 Mds DA en 2026, différent du solde budgétaire en raison des opérations de trésorerie et autres ajustements.

Financement

Emissions de dette, financements bancaires ou non bancaires, utilisation d’avoirs du Trésor et autres opérations financières constituent des moyens de financement, pas des recettes budgétaires ordinaires.

Autres recettes

Participations publiques et patrimoine de l’État

Les recettes non fiscales peuvent varier fortement d’une année à l’autre, notamment en fonction des dividendes, participations et produits divers.

Participations financières — 600 Mds DA

Prévision 2026 relative aux revenus des participations financières de l’État et autres actifs. La clôture 2025 est estimée à 1 310,4 Mds DA, ce qui montre leur volatilité.

Domaines de l’État — 84 Mds DA

Revenus tirés du patrimoine, droits et redevances, locations et exploitation des actifs domaniaux.

Produits divers — 300 Mds DA

Catégorie résiduelle de recettes budgétaires. Elle doit être distinguée des prélèvements fiscaux et des revenus d’actifs.

Analyse Algeria Business

Les six indicateurs qui permettent de juger la qualité des recettes publiques

Une hausse du total des recettes n’est pas toujours synonyme d’amélioration structurelle. Il faut analyser leur origine, leur stabilité et leur capacité à financer durablement la dépense.

1. Part hors hydrocarbures

Mesurer sa progression en valeur absolue et non uniquement en pourcentage du total.

2. Recettes fiscales / PIB hors hydrocarbures

Indicateur plus pertinent pour apprécier la mobilisation fiscale de l’économie domestique.

3. Volatilité

Hydrocarbures, dividendes publics et produits exceptionnels peuvent varier fortement d’une année à l’autre.

4. Recouvrement

Une hausse des taux d’imposition n’améliore pas nécessairement les recettes si l’assiette, le civisme fiscal et le recouvrement restent faibles.

5. Dépenses fiscales

Les exonérations réduisent les recettes potentielles. Leur coût et leurs résultats doivent être intégrés à l’analyse de rendement fiscal.

6. Couverture des dépenses

Le ratio recettes/dépenses mesure la dépendance du budget au financement du déficit et la marge de manœuvre budgétaire.

À suivre

Tableau de vigilance

Recettes mensuelles

Comparer prévisions annuelles et encaissements effectifs en cours d’exercice.

Fiscalité hydrocarbures

Suivre prix, volumes exportés, taux de change et réalisation budgétaire.

IRG / IBS / TVA

Observer la dynamique des principales recettes ordinaires et leur assiette.

Douanes

Suivre l’effet des importations, accords commerciaux et exonérations sur les recettes.

Dividendes publics

Distinguer recettes récurrentes et versements exceptionnels de participations publiques.

Dépenses fiscales

Comparer les exonérations aux investissements et emplois effectivement générés.