Structure des recettes publiques en Algérie
Les recettes de l’État proviennent de plusieurs sources : fiscalité ordinaire, fiscalité des hydrocarbures, revenus du domaine public, participations financières et autres produits budgétaires. Pour analyser leur solidité, il faut distinguer les recettes réellement encaissées, les prévisions de loi de finances et les ressources utilisées pour financer un déficit.
Les impôts ordinaires deviennent le premier bloc de recettes
La DGPP prévoit 8 009 Mds DA de recettes budgétaires en 2026. La fiscalité ordinaire hors hydrocarbures représente plus de la moitié du total, devant la fiscalité budgétisée des hydrocarbures.
Ces cinq catégories totalisent 8 009 Mds DA. Les catégories affichées à zéro dans le tableau DGPP 2026 ne sont pas reproduites ici.
4 327,1 Mds DA de recettes fiscales prévues en 2026
Les impôts sur le revenu et les impôts sur la consommation concentrent l’essentiel des recettes fiscales ordinaires.
| Catégorie | Prévision 2026 | Part des recettes fiscales | Lecture |
|---|---|---|---|
| Impôts sur le revenu | 2 068,6 Mds DA | 47,8 % | IRG, IBS et autres prélèvements sur les revenus. |
| Impôts sur la consommation | 1 619,4 Mds DA | 37,4 % | TVA et taxes liées à la consommation. |
| Droits de douane & assimilés | 417,0 Mds DA | 9,6 % | Recettes liées aux importations et opérations douanières. |
| Autres impositions & taxes | 121,9 Mds DA | 2,8 % | Taxes diverses hors grandes catégories. |
| Impôts sur le capital | 96,6 Mds DA | 2,2 % | Prélèvements portant sur le patrimoine ou opérations en capital. |
| Amendes | 3,6 Mds DA | 0,1 % | Produit budgétaire marginal. |
Une dépendance toujours forte, mais plus faible dans la prévision 2026
La fiscalité des hydrocarbures budgétisée est prévue à 2 697,9 Mds DA en 2026. La DGPP projette ensuite 2 588,4 Mds DA en 2027 et 2 513,5 Mds DA en 2028.
33,7 % des recettes 2026
La fiscalité hydrocarbures représente environ un tiers des recettes budgétaires prévues pour 2026.
Prix fiscal : 60 $/baril
Le cadrage 2026 repose sur un prix de référence fiscal du pétrole brut de 60 dollars par baril.
Volumes d’exportation
La DGPP retient un repli des volumes exportés, ce qui pèse sur la trajectoire projetée de la fiscalité pétrolière.
8 302 Mds DA de recettes effectivement encaissées
Le rapport annuel 2024 de la Banque d’Algérie permet de comparer la structure réellement observée avec les prévisions futures.
Hydrocarbures — 3 841 Mds DA
Environ 46,3 % des recettes budgétaires 2024. Le montant recule fortement par rapport aux 5 577 Mds DA de 2023.
Recettes fiscales — 3 376 Mds DA
Environ 40,7 % du total 2024. Elles restent la principale composante des recettes hors hydrocarbures.
Recettes non fiscales — 1 086 Mds DA
Environ 13,1 % du total. Elles chutent également par rapport aux 1 646 Mds DA enregistrés en 2023.
Le déficit n’est pas une source de recettes
En 2026, 8 009 Mds DA de recettes sont prévus face à 17 636,7 Mds DA de dépenses, soit un déficit budgétaire de 9 627,6 Mds DA. Ce déficit doit être financé par des ressources de trésorerie ou de dette ; il ne doit pas être ajouté aux recettes.
Couverture des dépenses
Les recettes prévues couvrent environ 45,4 % des dépenses budgétaires 2026.
Solde global du Trésor
La DGPP prévoit un solde global du Trésor de −5 186,6 Mds DA en 2026, différent du solde budgétaire en raison des opérations de trésorerie et autres ajustements.
Financement
Emissions de dette, financements bancaires ou non bancaires, utilisation d’avoirs du Trésor et autres opérations financières constituent des moyens de financement, pas des recettes budgétaires ordinaires.
Participations publiques et patrimoine de l’État
Les recettes non fiscales peuvent varier fortement d’une année à l’autre, notamment en fonction des dividendes, participations et produits divers.
Participations financières — 600 Mds DA
Prévision 2026 relative aux revenus des participations financières de l’État et autres actifs. La clôture 2025 est estimée à 1 310,4 Mds DA, ce qui montre leur volatilité.
Domaines de l’État — 84 Mds DA
Revenus tirés du patrimoine, droits et redevances, locations et exploitation des actifs domaniaux.
Produits divers — 300 Mds DA
Catégorie résiduelle de recettes budgétaires. Elle doit être distinguée des prélèvements fiscaux et des revenus d’actifs.
Les six indicateurs qui permettent de juger la qualité des recettes publiques
Une hausse du total des recettes n’est pas toujours synonyme d’amélioration structurelle. Il faut analyser leur origine, leur stabilité et leur capacité à financer durablement la dépense.
1. Part hors hydrocarbures
Mesurer sa progression en valeur absolue et non uniquement en pourcentage du total.
2. Recettes fiscales / PIB hors hydrocarbures
Indicateur plus pertinent pour apprécier la mobilisation fiscale de l’économie domestique.
3. Volatilité
Hydrocarbures, dividendes publics et produits exceptionnels peuvent varier fortement d’une année à l’autre.
4. Recouvrement
Une hausse des taux d’imposition n’améliore pas nécessairement les recettes si l’assiette, le civisme fiscal et le recouvrement restent faibles.
5. Dépenses fiscales
Les exonérations réduisent les recettes potentielles. Leur coût et leurs résultats doivent être intégrés à l’analyse de rendement fiscal.
6. Couverture des dépenses
Le ratio recettes/dépenses mesure la dépendance du budget au financement du déficit et la marge de manœuvre budgétaire.
Tableau de vigilance
Recettes mensuelles
Comparer prévisions annuelles et encaissements effectifs en cours d’exercice.
Fiscalité hydrocarbures
Suivre prix, volumes exportés, taux de change et réalisation budgétaire.
IRG / IBS / TVA
Observer la dynamique des principales recettes ordinaires et leur assiette.
Douanes
Suivre l’effet des importations, accords commerciaux et exonérations sur les recettes.
Dividendes publics
Distinguer recettes récurrentes et versements exceptionnels de participations publiques.
Dépenses fiscales
Comparer les exonérations aux investissements et emplois effectivement générés.