Budget de l'État 2026
La loi n° 25-17 du 14 décembre 2025 fixe pour 2026 un budget de 17 636,7 milliards de dinars de crédits de paiement pour 8 009,0 milliards de dinars de recettes. Cette fiche Algeria Business remplace l'ancien format par une lecture consolidée, sourcée et exploitable du budget, de ses hypothèses macroéconomiques, de sa structure de recettes, de ses dépenses et de ses principaux risques d'exécution.
Les chiffres essentiels
Les montants ci-dessous correspondent à la loi de finances 2026 et au cadrage officiel associé. Les crédits votés ne sont pas équivalents aux dépenses effectivement exécutées.
Comment lire le budget 2026
Deux déficits, deux lectures
Le solde budgétaire de -9 627,6 Mds DA correspond à la différence entre les recettes prévues et la totalité des crédits de paiement ouverts. Le solde global du Trésor, estimé à -5 186,6 Mds DA, repose sur une hypothèse de consommation des crédits de 70 %. Les deux indicateurs ne décrivent donc pas exactement la même chose.
Hypothèses structurantes
- Prix fiscal de référence du pétrole : 60 $/baril.
- Prix de marché retenu : 70 $/baril.
- Croissance du PIB : 4,1 %.
- Croissance hors hydrocarbures : 4,9 %.
- Baisse attendue des volumes exportés d'hydrocarbures : -2 % en 2026.
- Taux d'exécution budgétaire utilisé dans le cadrage du Trésor : 70 %.
Trajectoire macroéconomique 2026-2028
Prévisions officielles associées à la loi de finances. Elles constituent un scénario de cadrage, pas des réalisations.
| Indicateur | 2026 | 2027 | 2028 |
|---|---|---|---|
| PIB nominal | 41 878,3 Mds DA | 45 018,4 Mds DA | 48 395,7 Mds DA |
| Croissance réelle du PIB | 4,1 % | 4,4 % | 4,5 % |
| PIB hors hydrocarbures | 36 286,5 Mds DA | 39 578,3 Mds DA | 43 117,8 Mds DA |
| Croissance hors hydrocarbures | 4,9 % | 5,0 % | 5,0 % |
| Fiscalité des hydrocarbures | 2 697,9 Mds DA | 2 588,4 Mds DA | 2 513,5 Mds DA |
| Solde global du Trésor | -5 186,6 Mds DA | -5 133,8 Mds DA | -5 417,1 Mds DA |
Recettes : une structure encore très sensible aux hydrocarbures
Comparaison entre la LF 2025, la clôture estimée 2025 et la loi de finances 2026, en milliards de dinars.
| Recette | LF 2025 | Clôture 2025 | LF 2026 | Évolution LF25 → LF26 |
|---|---|---|---|---|
| Recettes budgétaires | 8 523,1 | 9 204,5 | 8 009,0 | -6,0 % |
| Recettes fiscales | 4 156,9 | 4 058,0 | 4 327,1 | +4,1 % |
| Impôts sur le revenu | 2 020,1 | 1 937,6 | 2 068,6 | +2,4 % |
| Impôts sur la consommation | 1 471,5 | 1 513,6 | 1 619,4 | +10,0 % |
| Droits de douane et assimilés | 406,6 | 421,8 | 417,0 | +2,6 % |
| Fiscalité des hydrocarbures | 3 454,0 | 3 454,0 | 2 697,9 | -21,9 % |
| Revenus des participations financières de l'État | 580,0 | 1 310,4 | 600,0 | +3,4 % |
| Produits divers du budget | 250,0 | 300,0 | 300,0 | +20,0 % |
Ce qui change
Le recul des recettes budgétaires entre la LF 2025 et la LF 2026 provient principalement de la baisse de la fiscalité des hydrocarbures budgétisée, qui recule de 756,1 Mds DA. En sens inverse, les recettes fiscales ordinaires progressent.
Lecture structurelle
La LF 2026 vise à accroître les recettes hors hydrocarbures, mais la fiscalité énergétique reste un déterminant majeur de l'équilibre. La soutenabilité à moyen terme dépend donc de la capacité à augmenter durablement l'assiette fiscale hors rente.
Dépenses : priorité renforcée à l’investissement
Crédits de paiement inscrits par nature économique. Montants en milliards de dinars.
| Nature de dépense | LF 2025 | LF 2026 | Variation | Évolution |
|---|---|---|---|---|
| Personnel | 4 445,8 | 4 465,9 | +20,1 | +0,5 % |
| Fonctionnement des services | 426,2 | 446,1 | +19,9 | +4,7 % |
| Investissement | 3 128,3 | 4 073,8 | +945,5 | +30,2 % |
| Transferts | 5 928,2 | 5 959,8 | +31,6 | +0,5 % |
| Charges de la dette publique | 539,8 | 566,4 | +26,6 | +4,9 % |
| Opérations financières | 127,8 | 5,8 | -122,0 | -95,5 % |
| Dépenses imprévues | 2 198,5 | 2 118,9 | -79,6 | -3,6 % |
| Total | 16 794,6 | 17 636,7 | +842,1 | +5,0 % |
Le signal le plus visible : l'investissement
La hausse la plus importante porte sur l'investissement, qui progresse d'environ 945,5 Mds DA entre la LF 2025 et la LF 2026. Le rapport de présentation distingue 1 714,3 Mds DA de programmes neufs et 2 359,5 Mds DA de programmes en cours.
Les dépenses rigides restent dominantes
Personnel et transferts représentent ensemble plus de 10 400 Mds DA de crédits. Cette structure réduit la marge d'ajustement rapide en cas de choc sur les recettes et renforce l'importance du suivi de l'exécution.
Principaux portefeuilles de crédits
Sélection de crédits de paiement inscrits à l'État B de la loi de finances 2026. Ces montants ne sont pas directement comparables à la dépense économique par fonction : ils correspondent à des portefeuilles administratifs.
| Portefeuille | Crédits de paiement 2026 |
|---|---|
| Finances | 3 384,7 Mds DA |
| Défense nationale | 3 205,3 Mds DA |
| Éducation nationale | 1 851,3 Mds DA |
| Intérieur, collectivités locales et transports | 1 535,7 Mds DA |
| Santé | 1 048,2 Mds DA |
| Agriculture, développement rural et pêche | 886,5 Mds DA |
| Habitat, urbanisme, ville et aménagement du territoire | 859,3 Mds DA |
| Travail, emploi et sécurité sociale | 811,4 Mds DA |
| Enseignement supérieur et recherche scientifique | 807,1 Mds DA |
Les dépenses fiscales : un coût budgétaire à suivre
La loi de finances évalue à 588,6 Mds DA les dépenses fiscales pour 2026. Elles correspondent à des exonérations, réductions ou dispositifs qui diminuent les recettes par rapport au régime de droit commun.
Le suivi des dépenses fiscales est indispensable pour apprécier le coût réel d'une politique d'incitation. Une exonération peut soutenir l'investissement ou l'emploi, mais elle constitue aussi une ressource à laquelle l'État renonce.
Analyse Algeria Business
Un budget très expansionniste
Les recettes prévues couvrent environ 45 % des crédits de paiement ouverts. Le poids du déficit budgétaire brut est donc élevé. L'équilibre opérationnel dépend fortement du rythme réel de consommation des crédits, du niveau des recettes effectivement encaissées et des besoins de financement du Trésor.
La diversification des recettes reste centrale
La fiscalité des hydrocarbures représente encore près d'un tiers des recettes budgétaires prévues. La hausse des recettes fiscales ordinaires va dans le sens d'une diversification, mais elle ne compense pas totalement le recul budgétisé des hydrocarbures.
Les dépenses rigides limitent la flexibilité
Personnel et transferts représentent ensemble près de 59 % des crédits de paiement. En cas de choc sur les recettes, ces postes sont plus difficiles à ajuster rapidement que certaines dépenses d'investissement ou opérations ponctuelles.
L'investissement est le principal levier de croissance
La forte progression des crédits d'investissement peut soutenir l'activité et les infrastructures si l'exécution est effective, bien ciblée et accompagnée d'une sélection rigoureuse des projets. Le montant voté ne suffit donc pas : taux d'exécution, délais, coût final et qualité économique des actifs seront déterminants.
Les points de vigilance pour 2026
- Prix et volumes d'hydrocarbures : le cadrage repose sur 60 $ de prix fiscal de référence et 70 $ de prix de marché, avec une baisse prévue des volumes exportés.
- Exécution des dépenses : le solde global du Trésor est calculé sur une hypothèse de consommation budgétaire de 70 %.
- Recettes hors hydrocarbures : leur progression constitue l'un des indicateurs clés de soutenabilité.
- Investissement public : l'enjeu n'est pas seulement d'ouvrir des crédits, mais de convertir ces crédits en projets achevés et productifs.
- Dépenses fiscales : leur coût de 588,6 Mds DA doit être rapproché de leur efficacité économique réelle.
- Financement du déficit : la structure du financement — dette domestique, ressources du Trésor, instruments de marché — déterminera l'impact monétaire et financier du budget.
Sources & méthode
La page distingue les montants juridiquement inscrits dans la loi de finances des hypothèses et analyses issues du rapport de présentation.