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Structure de la dépense publique en Algérie

Le budget de l’État ne se résume pas aux dépenses de fonctionnement et d’investissement. Depuis la nouvelle nomenclature budgétaire, les crédits sont présentés par nature : personnel, fonctionnement des services, investissement, transferts, dette, opérations financières et dépenses imprévues. Cette fiche permet de distinguer crédits votés, crédits notifiés et dépenses effectivement exécutées.

Mise à jour : septembre 2026 · budget 2026 et exécution 2024 selon la DGPP
Budget total 202617 636,7 Mds DA+5,0 % vs 2025
Transferts5 959,8 Mds DA33,8 % du total
Personnel — T14 465,9 Mds DA25,3 % du total
Investissement4 073,8 Mds DA23,1 % du total
Exécution 202412 709,2 Mds DA71,3 % du budget notifié
Budget 2026

Les transferts restent le premier titre de dépense

Le rapport de présentation du PLF 2026 chiffre les dépenses budgétaires à 17 636,7 Mds DA, contre 16 794,6 Mds DA en 2025. La progression globale est de 5 %.

T4 — Transferts
5 959,8 Mds DA
T1 — Personnel
4 465,9 Mds DA
T3 — Investissement
4 073,8 Mds DA
T7 — Dépenses imprévues
2 118,9 Mds DA
T5 — Charges de la dette
566,4 Mds DA
T2 — Fonctionnement
446,1 Mds DA
T6 — Opérations financières
5,8 Mds DA

Parts calculées sur le total budgétaire 2026 de 17 636,662 Mds DA. Les intitulés suivent la nomenclature économique utilisée dans le rapport DGPP.

2025 → 2026

L’investissement porte l’essentiel de la hausse

Entre les budgets 2025 et 2026, les évolutions sont très contrastées selon les titres.

TitreBudget 2025Budget 2026ÉvolutionLecture
Personnel4 445,0 Mds DA4 465,9 Mds DA+0,5 %Quasi-stabilité du Titre 1.
Fonctionnement433,1 Mds DA446,1 Mds DA+3,0 %Progression modérée des services.
Investissement3 194,2 Mds DA4 073,8 Mds DA+27,5 %Principal moteur de hausse du budget.
Transferts6 005,5 Mds DA5 959,8 Mds DA-0,8 %Légère baisse globale du Titre 4.
Dette539,8 Mds DA566,4 Mds DA+4,9 %Hausse des charges budgétaires de dette.
Opérations financières127,8 Mds DA5,8 Mds DA-95,5 %Forte contraction de ce titre.
Dépenses imprévues2 049,2 Mds DA2 118,9 Mds DA+3,4 %Provision budgétaire en légère hausse.
Exécution 2024

Budget voté et dépense exécutée ne sont pas la même chose

En 2024, le budget notifié a atteint 17 821,7 Mds DA, tandis que 12 709,2 Mds DA ont été consommés, soit un taux global de 71,3 %. Les écarts par nature sont importants.

TitreBudget notifié 2024ConsomméTaux d’exécutionLecture
Personnel4 096,4 Mds DA3 524,5 Mds DA86,0 %Exécution élevée.
Fonctionnement462,1 Mds DA372,4 Mds DA80,6 %Exécution relativement élevée.
Investissement6 969,6 Mds DA2 998,3 Mds DA43,0 %Écart important entre crédits notifiés et exécution.
Transferts5 812,6 Mds DA5 405,3 Mds DA93,0 %Taux d’exécution le plus élevé des grands titres.
Dette478,0 Mds DA405,7 Mds DA84,9 %Charge largement exécutée.
Opérations financières3,0 Mds DA3,0 Mds DA100 %Faible montant mais exécution complète.
Point de méthode : comparer le budget 2026 au « consommé 2024 » sans préciser le changement de colonne peut donner une impression artificielle de forte hausse. Une comparaison rigoureuse doit distinguer loi de finances initiale, budget notifié, prévision de clôture et exécution.
Personnel & transferts

Deux blocs à lire avec prudence

Le Titre 1 n’épuise pas la question salariale, et le Titre 4 ne correspond pas uniquement aux aides sociales versées aux ménages.

Masse salariale consolidée : 5 926 Mds DA

La DGPP indique pour 2026 une masse salariale totale de 5 926 Mds DA, soit 33,6 % du budget de l’État. Ce montant inclut 1 241,57 Mds DA de masse salariale des établissements publics administratifs.

Il est donc supérieur au seul Titre 1 « Personnel » de 4 465,9 Mds DA.

Transferts : 5 959,8 Mds DA

Le Titre 4 regroupe notamment 2 812 Mds DA de subventions aux établissements publics et organismes sous tutelle, 2 284 Mds DA de transferts aux personnes et environ 657 Mds DA de subventions aux produits de large consommation.

Il ne doit donc pas être assimilé au seul « budget social ».

Lecture AB : personnel, transferts et dette représentent ensemble environ 62 % du budget 2026. Ce chiffre donne une idée du poids des dépenses récurrentes ou fortement engagées, mais ces trois blocs ne présentent pas le même degré de rigidité ni la même finalité économique.
Investissement public

4 073,8 Mds DA prévus en 2026

Les dépenses d’investissement augmentent de 27,5 % par rapport au budget 2025. Elles se répartissent entre programmes nouveaux et programmes en cours.

Programmes nouveaux

1 714,3 Mds DA en 2026, soit +16 % par rapport à 2025.

Programmes en cours

2 359,5 Mds DA en 2026, soit +37,4 % par rapport à 2025.

Enjeu d’exécution

Le taux d’exécution de l’investissement n’était que de 43 % des crédits notifiés en 2024. La hausse des crédits ne garantit donc pas à elle seule une hausse équivalente de l’investissement effectivement réalisé.

Analyse Algeria Business

Les cinq indicateurs utiles pour juger la qualité de la dépense

Le montant total du budget ne permet pas, à lui seul, de conclure sur l’efficacité ou l’impact économique de la dépense publique.

1. Composition

Quelle part finance personnel, transferts, services, dette et investissement ? La structure conditionne la capacité d’ajustement du budget.

2. Taux d’exécution

Un crédit voté ne produit d’effet économique que s’il est effectivement engagé, exécuté et payé dans les délais.

3. Nature de l’investissement

Il faut distinguer création de nouveaux actifs, achèvement de programmes en cours et entretien du patrimoine public.

4. Efficacité des transferts

La qualité de la dépense dépend de la couverture des bénéficiaires, du ciblage, de la transparence et des effets redistributifs.

5. Soutenabilité

Les dépenses permanentes sont plus robustes lorsqu’elles sont financées par des recettes durables plutôt que par des ressources cycliques ou exceptionnelles.

Conclusion AB

Pour 2026, le signal budgétaire le plus visible est la forte hausse des crédits d’investissement. La question décisive sera leur exécution effective et leur capacité à produire des actifs, des services et des gains de productivité.

À suivre

Tableau de vigilance budgétaire

Exécution trimestrielle

Suivre les crédits consommés par titre et ministère, pas seulement les montants votés.

Investissement

Comparer autorisations d’engagement, crédits de paiement et réalisation physique des projets.

Masse salariale

Distinguer administration centrale, EPA et autres organismes publics.

Transferts

Suivre séparément établissements publics, personnes et subventions de prix.

Charges de dette

Observer leur progression et leur poids dans les ressources budgétaires.

Dépenses imprévues

Suivre les redéploiements et l’utilisation effective de cette provision au cours de l’exercice.