Marbre algérien : un accord à Vérone ouvre la voie au marché chinois

La participation algérienne à Marmomac 2026 s’est achevée sur un accord commercial qui peut servir de test à la stratégie de diversification des exportations. La SARL Nour a conclu à Vérone un accord avec un opérateur italien ouvrant la voie à l’exportation de marbre algérien vers le marché chinois. L’enjeu économique dépasse toutefois une première transaction : il s’agit de savoir si l’Algérie peut passer de la disponibilité d’une ressource minérale à une filière structurée, transformée localement et capable de tenir durablement les standards des marchés internationaux.

Délégation algérienne au salon Marmomac 2026 à Vérone, autour de la filière marbre et pierres naturelles
Participation algérienne à Marmomac 2026 à Vérone. Source : APS / ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations.

Les chiffres et faits à retenir

  • 60e édition du salon international Marmomac à Vérone.
  • 1 accord annoncé entre la SARL Nour et un opérateur italien.
  • 2 marchés ciblés dans les échanges signalés autour de la participation algérienne : la Chine pour l’exportation et le nord de l’Italie pour l’accès commercial aux pierres naturelles algériennes.
  • Le communiqué officiel ne précise à ce stade ni volume, ni valeur, ni calendrier des exportations prévues.

Un débouché chinois via un partenaire italien

L’information économique principale est la configuration même de l’accord : une entreprise algérienne s’appuie sur un intermédiaire ou partenaire italien pour accéder au marché chinois. Selon l’APS, citant le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, la participation algérienne au salon s’est conclue par la signature de cet accord.

Ce schéma est intéressant pour une PME exportatrice : l’accès à un grand marché ne passe pas nécessairement par une implantation commerciale directe. Un partenaire déjà inséré dans les circuits internationaux peut réduire les coûts d’entrée, faciliter la prospection et accélérer la mise en relation avec des acheteurs. En contrepartie, la capacité à sécuriser les volumes, la qualité et les délais devient déterminante.

Le vrai enjeu : exporter davantage de valeur, pas seulement de la pierre

Pour l’Algérie, le potentiel du marbre ne se résume pas à l’extraction. La valeur économique augmente à mesure que la chaîne intègre découpe, traitement, polissage, calibrage, finition, design, contrôle qualité, emballage et logistique. Une stratégie fondée uniquement sur l’exportation de blocs bruts capterait une part plus faible de la valeur finale et exposerait davantage les producteurs aux coûts de transport.

Le précédent travail d’Algeria Business sur la filière phosphate met en évidence la même logique industrielle : la diversification devient plus robuste lorsque la ressource minérale alimente une chaîne de transformation locale. Pour le marbre, cette montée en gamme suppose des équipements de transformation performants, une standardisation des produits et une offre suffisamment régulière pour construire des relations commerciales récurrentes.

Italie, Chine : deux fonctions différentes dans la chaîne de valeur

La présence à Vérone place les producteurs algériens au contact d’un écosystème où se rencontrent exploitants, transformateurs, fabricants de machines, distributeurs, architectes et acheteurs. L’Italie peut donc jouer à la fois le rôle de marché, de partenaire technologique et de plateforme commerciale. La Chine représente de son côté un débouché potentiel de grande taille, mais aussi un marché exigeant en matière de prix, de volumes et de régularité.

Les discussions rapportées autour de l’accès aux régions du nord de l’Italie renforcent cette lecture : la stratégie ne devrait pas être évaluée sur une seule destination, mais sur la capacité des entreprises algériennes à multiplier les canaux commerciaux et à construire une réputation de fournisseur fiable.

Ce qu’il faut encore connaître pour mesurer l’impact

L’annonce reste à documenter. Aucun montant contractuel, tonnage, prix moyen, niveau de transformation ou calendrier d’expédition n’a été rendu public dans la communication disponible. Ces éléments seront indispensables pour distinguer une ouverture commerciale ponctuelle d’un véritable flux exportateur.

Pour mesurer la contribution réelle de la filière, il faudra suivre la valeur exportée, la part de produits transformés, le nombre d’entreprises exportatrices, les destinations, les coûts logistiques et la récurrence des commandes. Ces indicateurs permettront de replacer le marbre dans l’évolution plus large du commerce extérieur algérien.

Analyse Algeria Business

Le fait : un accord commercial a été annoncé à Vérone pour ouvrir au marbre algérien un accès au marché chinois via un opérateur italien. L’analyse : sa portée macroéconomique ne peut pas encore être chiffrée, faute de montant et de volume publiés. Son intérêt réside surtout dans le modèle qu’il peut préfigurer : utiliser les salons spécialisés et des partenaires internationaux pour connecter des producteurs algériens à des chaînes de distribution mondiales.

Le critère de réussite ne sera donc pas la signature elle-même, mais ce qui suivra : premières expéditions, contrats récurrents, montée de la transformation locale et élargissement du nombre d’exportateurs. Si ces étapes se matérialisent, le marbre pourrait devenir une petite filière démonstratrice de diversification industrielle hors hydrocarbures. Dans le cas contraire, l’accord restera essentiellement une opération de prospection commerciale.

Sources

  • Algérie Presse Service, 26 septembre 2026, d’après un communiqué du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations.
  • Marmomac / Vérone, 60e édition du salon international consacré au marbre, aux pierres naturelles et à leur chaîne de valeur.