Commerce extérieur 2024
Tendances générales
En 2024, le commerce extérieur algérien a connu une nette dégradation par rapport à 2023. La balance commerciale est restée excédentaire, mais son surplus s’est fortement contracté, passant de 12,71 milliards de dollars en 2023 à 3,73 milliards de dollars en 2024.
Cette évolution s’explique par un double mouvement : une baisse des exportations et une hausse des importations.
Chiffres clés 2024
Les exportations
Les exportations de biens ont atteint 49,07 milliards de dollars en 2024, contre 55,55 milliards de dollars en 2023, soit une baisse de 6,49 milliards de dollars ou -11,68 %.
Hydrocarbures
Les hydrocarbures restent la base du commerce extérieur algérien. En 2024, les exportations d’hydrocarbures se sont établies à 45,23 milliards de dollars, contre 50,50 milliards de dollars en 2023, soit une baisse de 5,27 milliards de dollars ou -10,43 %.
Cette baisse s’explique par deux facteurs :
- le recul des prix internationaux du pétrole et du gaz ;
- la baisse des volumes produits et exportés.
En volume, les exportations d’hydrocarbures exprimées en tonnes équivalent pétrole ont reculé de 5 % entre 2023 et 2024. À l’exception des produits raffinés, la baisse a concerné les principales catégories d’hydrocarbures.
Hors hydrocarbures
Les exportations hors hydrocarbures ont également diminué. Elles sont passées de 5,06 milliards de dollars en 2023 à 3,84 milliards de dollars en 2024, soit une baisse de 1,22 milliard de dollars ou -24,12 %.
Ce recul concerne surtout :
- les produits semi-finis, en baisse d’environ 1,13 milliard de dollars ;
- les produits alimentaires, en baisse d’environ 152 millions de dollars ;
- certains matériaux de construction, notamment le ciment et le clinker ;
- les produits issus de filières encore dépendantes des prix internationaux, comme les engrais, les métaux et les dérivés industriels.
Cette évolution montre que les exportations hors hydrocarbures progressent dans le discours économique, mais restent encore fragiles, peu diversifiées et sensibles aux variations des prix mondiaux.
Les biens exportés non hydrocarbures
En 2024, les exportations hors hydrocarbures se sont élevées à 3,84 milliards de dollars, contre 5,06 milliards en 2023, soit une baisse de 24,1 %. Elles ne représentent que 7,8 % des exportations totales de biens, ce qui illustre la forte dépendance de l’économie algérienne aux hydrocarbures.
Les principaux produits exportés sont les produits sidérurgiques, les engrais et produits chimiques, le ciment et les matériaux de construction, ainsi que certains produits agricoles et agroalimentaires, notamment les dattes.
Malgré ce recul, le développement des exportations hors hydrocarbures demeure un enjeu stratégique. La montée en gamme de l’industrie, l’amélioration de la logistique et la conquête de nouveaux marchés, notamment en Afrique, seront déterminantes pour renforcer durablement les recettes en devises de l’Algérie.
Les importations
Les importations de biens ont atteint environ 45,33 milliards de dollars en 2024, contre 42,84 milliards de dollars en 2023, soit une hausse de 2,49 milliards de dollars ou +5,82 %.
Cette hausse intervient malgré la baisse de certains prix internationaux. En réalité, l’augmentation des volumes importés a plus que compensé l’effet favorable de la baisse des prix.
Les importations algériennes restent dominées par plusieurs grands postes :
- les biens d’équipement industriels ;
- les machines, pièces et composants destinés à la production ;
- les produits alimentaires stratégiques, notamment les céréales, le lait et les huiles ;
- les produits pharmaceutiques et médicaux ;
- les véhicules, pièces détachées et équipements de transport ;
- les intrants industriels et chimiques ;
- les services liés au transport, au fret maritime, à l’assistance technique et à la construction.
En 2024, les importations de biens de l’Algérie se sont établies à 45,33 milliards de dollars, en hausse de 5,8 % par rapport à 2023. Elles se répartissent en cinq grandes catégories qui reflètent les besoins de consommation, de production et d’investissement de l’économie nationale.
Structure des importations algériennes par famille de produits (2024)
| Famille de produits | Valeur estimée | Part des importations |
|---|---|---|
| Équipements industriels | ≈ 14,1 milliards $ | 31 % |
| Produits semi-finis | ≈ 10,4 milliards $ | 23 % |
| Biens alimentaires | ≈ 8,2 milliards $ | 18 % |
| Biens de consommation non alimentaires | ≈ 7,3 milliards $ | 16 % |
| Énergie et lubrifiants | ≈ 3,2 milliards $ | 7 % |
| Produits bruts | ≈ 2,1 milliards $ | 5 % |
Les biens d'équipement industriels
Valeur importée : ≈ 14,1 milliards USD
Part des importations : 31 %
Premier poste d’importation de l’Algérie
Les biens d’équipement regroupent les machines et matériels destinés à produire de la richesse. Ils ne sont généralement pas consommés directement mais servent à moderniser les entreprises.
Les principales sous-catégories sont :
Machines industrielles, Machines-outils, Lignes de production, Équipements pétroliers, Équipements agricoles, Matériel médical, Groupes électrogènes, Transformateurs, Matériel électrique, Équipements de télécommunications
Produit Importations 2024 Principaux fournisseurs Machines industrielles 6,64 Mds USD Chine, Allemagne, Italie Équipements électriques 4,0 Mds USD Chine, France, Turquie Équipements de télécommunication 1,09 Md USD Chine, Vietnam, Corée Camions et véhicules industriels 1,8 Md USD Chine, Turquie, Allemagne Équipements médicaux 1,1 Md USD Allemagne, France, États-Unis
Principaux fournisseurs
Chine, Allemagne, Italie, France, Turquie
Analyse Algeria Business
Une hausse des importations de biens d’équipement est généralement interprétée comme un indicateur positif, car elle reflète une augmentation de l’investissement productif. L’enjeu consiste désormais à développer une industrie nationale capable de fabriquer progressivement une partie de ces équipements.
Les produits semi-finis
Valeur importée : ≈ 10,4 milliards USD
Part des importations : 23 %
Que comprend cette catégorie ?
Les produits semi-finis sont des matières déjà transformés mais qui nécessitent encore une étape de fabrication.
Ils comprennent notamment : Acier, Aluminium, Cuivre, Zinc, Produits chimiques, Résines plastiques, Verre, Papier, Carton, Caoutchouc industriel
| Produit | Importations 2024 | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Produits sidérurgiques (acier, tôles, bobines, tubes) | 3,60 Mds USD | Chine, Turquie, Italie |
| Produits chimiques industriels | 2,20 Mds USD | Chine, France, Allemagne |
| Matières plastiques et résines | 1,80 Md USD | Arabie saoudite, Corée du Sud, Chine |
| Aluminium, cuivre et métaux non ferreux | 1,20 Md USD | Russie, Chine, Émirats arabes unis |
| Papier, carton et pâte à papier | 0,80 Md USD | Finlande, Suède, Espagne |
| Verre et produits verriers | 0,40 Md USD | Turquie, Égypte, Chine |
| Caoutchouc et produits intermédiaires | 0,25 Md USD | Malaisie, Thaïlande, Chine |
| Fibres textiles et fils industriels | 0,15 Md USD | Chine, Inde, Turquie |
| Total produits semi-finis | ≈ 10,4 Mds USD |
Principaux fournisseurs
Chine, Italie, France, Turquie, Inde
Utilisateurs en Algérie
Ces produits alimentent : la sidérurgie, l’industrie automobile, le bâtiment, l’agroalimentaire, la plasturgie, la chimie, l’emballage.
Analyse Algeria Business
Cette catégorie montre que l’Algérie transforme davantage qu’elle n’extrait ou ne produit ses matières intermédiaires. Développer une industrie chimique, métallurgique et pétrochimique nationale permettrait de réduire significativement cette dépendance.
Les biens alimentaires Chiffres clés (2024)
Valeur importée : ≈ 8,2 milliards USD
Part des importations : 18 %
Principaux produits importés
Blé tendre, Blé dur, Maïs, Lait en poudre, Huiles végétales, Sucre brut, Café, Soja, Tourteaux, Aliments pour bétail
| Produit | Importations 2024 | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Blé (tendre et dur) | 2,20 Mds USD | Russie, France, Canada |
| Maïs | 1,30 Md USD | Brésil, Argentine, Ukraine |
| Lait en poudre | 1,10 Md USD | Nouvelle-Zélande, France, Pologne |
| Sucre | 0,80 Md USD | Brésil, Inde, Thaïlande |
| Huiles végétales | 0,70 Md USD | Argentine, Indonésie, Malaisie |
| Tourteaux de soja et aliments pour bétail | 0,80 Md USD | Argentine, Brésil, États-Unis |
| Café, thé et cacao | 0,40 Md USD | Brésil, Vietnam, Côte d’Ivoire |
| Divers produits alimentaires | 0,90 Md USD | Espagne, France, Turquie |
| Total biens alimentaires | ≈ 8,2 Mds USD |
Principaux fournisseurs
France, Russie, Canada, Brésil, Argentine, Ukraine (selon disponibilité)
Pourquoi ces importations ?
L’Algérie demeure structurellement déficitaire sur plusieurs produits agricoles stratégiques, notamment les céréales, les protéines végétales et le lait.
Analyse Algeria Business
La sécurité alimentaire reste un enjeu majeur. Les investissements dans les grandes cultures, l’irrigation, la production laitière et les cultures oléagineuses constituent des leviers essentiels pour réduire la facture alimentaire.
Les biens de consommation non alimentaires
Valeur importée : ≈ 7,3 milliards USD
Part des importations : 16 %
Produits concernés
Smartphones, Ordinateurs, Téléviseurs, Électroménager, Vêtements, Chaussures, Cosmétiques, Produits d’hygiène, Jouets, Mobilier
| Produit | Importations 2024 | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Produits pharmaceutiques | 1,90 Md USD | France, Allemagne, Inde |
| Véhicules de tourisme et pièces automobiles | 1,60 Md USD | Chine, Turquie, Corée du Sud |
| Électroménager | 0,90 Md USD | Chine, Turquie, Italie |
| Téléphones, informatique et électronique grand public | 0,80 Md USD | Chine, Vietnam, Corée du Sud |
| Textiles, vêtements et chaussures | 0,70 Md USD | Chine, Turquie, Bangladesh |
| Cosmétiques et produits d’hygiène | 0,50 Md USD | France, Turquie, Italie |
| Mobilier et articles de maison | 0,40 Md USD | Chine, Turquie, Pologne |
| Jouets, loisirs et articles divers | 0,50 Md USD | Chine, Espagne, Italie |
| Total biens de consommation non alimentaires | ≈ 7,3 Mds USD |
Principaux fournisseurs
Chine, Turquie, France, Italie
Analyse Algeria Business
Cette catégorie fait l’objet d’une politique active de substitution aux importations. Plusieurs filières locales (électroménager, cosmétique, textile, mobilier) se développent progressivement afin de répondre à la demande nationale.
Les produits bruts
Valeur importée : ≈ 2,1 milliards USD
Part des importations : 5 %
Produits concernés : Bois, Coton, Minerais, Fibres textiles, Cuirs, Tabac brut, Pâte à papier, Certaines matières agricoles
| Produit | Importations 2024 | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Bois brut et sciages | 0,65 Md USD | Suède, Finlande, Autriche |
| Minerais et concentrés métalliques | 0,45 Md USD | Afrique du Sud, Pérou, Chili |
| Coton brut et fibres textiles | 0,30 Md USD | Inde, États-Unis, Brésil |
| Tabac brut | 0,20 Md USD | Brésil, Zimbabwe, Malawi |
| Peaux, cuirs et fourrures bruts | 0,15 Md USD | Italie, Espagne, Turquie |
| Liège, caoutchouc naturel et autres matières premières végétales | 0,15 Md USD | Côte d’Ivoire, Malaisie, Thaïlande |
| Matières premières diverses | 0,20 Md USD | Chine, France, Allemagne |
| Total produits bruts | ≈ 2,1 Mds USD |
Principaux fournisseurs
Brésil, Canada, Russie, Suède, Finlande
Analyse Algeria Business
Les produits bruts alimentent principalement les industries du bois, du papier, du textile, de la chimie et de la transformation. Cette catégorie représente une opportunité pour développer des chaînes de valeur industrielles locales à partir de matières premières transformées en Algérie.
Énergie et lubrifiants Chiffres clés
Valeur importée : ≈ 3,2 milliards USD
Part des importations : 7 %
Produits importés
Lubrifiants industriels, Huiles moteur, Bitume, Additifs, Gaz industriels, Produits pétrochimiques, Carburants spécialisés
| Produit | Importations 2024 | Principaux fournisseurs |
|---|---|---|
| Carburants spécialisés (essences, gazoles spécifiques, carburéacteurs) | 1,20 Md USD | Italie, Espagne, Pays-Bas |
| Lubrifiants industriels et huiles moteur | 0,70 Md USD | France, Italie, Allemagne |
| Produits pétrochimiques | 0,50 Md USD | Arabie saoudite, États-Unis, Corée du Sud |
| Bitume et dérivés du pétrole | 0,30 Md USD | Espagne, Italie, Grèce |
| Gaz industriels (oxygène, azote, hélium, etc.) | 0,20 Md USD | France, Allemagne, Belgique |
| Additifs et produits chimiques pour carburants | 0,30 Md USD | États-Unis, France, Pays-Bas |
| Total énergie et lubrifiants | ≈ 3,2 Mds USD |
Principaux fournisseurs
Italie, Espagne, France, États-Unis
Analyse Algeria Business
Malgré son statut d’exportateur d’hydrocarbures, l’Algérie importe encore des produits pétroliers à forte valeur ajoutée. Le développement de la pétrochimie et du raffinage constitue un important potentiel de création de valeur.
Les principaux partenaires commerciaux de l'Algérie en 2024
Les principaux clients de l'Algérie (Exportations)
En 2024, les exportations algériennes de marchandises ont atteint 49,1 milliards de dollars. Les pays européens demeurent les premiers débouchés grâce aux exportations de gaz naturel, de pétrole et de produits raffinés.
| Rang | Pays | Valeur estimée | Principaux produits exportés |
|---|---|---|---|
| 1 | Italie | 15,2 Mds $ | Gaz naturel, pétrole brut, GNL, produits raffinés |
| 2 | France | 7,6 Mds $ | Gaz, pétrole, produits chimiques |
| 3 | Espagne | 6,7 Mds $ | Gaz naturel, GNL, hydrocarbures |
| 4 | Turquie | ≈ 3,0 Mds $ | Produits pétroliers, acier, engrais |
| 5 | États-Unis | ≈ 2,5 Mds $ | Pétrole brut, GNL |
| 6 | Pays-Bas | ≈ 2,3 Mds $ | Gaz naturel, produits énergétiques |
| 7 | Chine | ≈ 1,6 Md $ | Hydrocarbures, produits chimiques |
| 8 | Belgique | ≈ 1,4 Md $ | Produits énergétiques |
| 9 | Portugal | ≈ 1,2 Md $ | Gaz naturel |
| 10 | Brésil | ≈ 0,9 Md $ | Engrais, hydrocarbures |
Les principaux fournisseurs de l'Algérie (Importations)
Les importations de biens ont atteint environ 45,3 milliards de dollars en 2024.
| Rang | Pays | Part estimée | Produits importés |
| 1 | Chine | 22,9 % | Machines, électronique, textile, équipements industriels |
| 2 | France | 11,7 % | Produits pharmaceutiques, agroalimentaire, automobile |
| 3 | Italie | 7,4 % | Machines industrielles, équipements énergétiques |
| 4 | Allemagne | ≈ 6 % | Machines-outils, équipements industriels |
| 5 | Turquie | ≈ 5 % | Acier, textile, matériaux de construction |
| 6 | Espagne | ≈ 4 % | Produits alimentaires, équipements |
| 7 | Inde | ≈ 4 % | Riz, produits pharmaceutiques, produits chimiques |
| 8 | Brésil | ≈ 3 % | Maïs, sucre, soja |
| 9 | Argentine | ≈ 2 % | Céréales |
| 10 | États-Unis | ≈ 2 % | Équipements industriels, technologies |
Conclusion
Le commerce extérieur algérien reste structurellement dépendant des hydrocarbures. En 2024, cette dépendance apparaît clairement : la baisse des recettes énergétiques a suffi à réduire fortement l’excédent commercial, malgré un niveau encore confortable des réserves de change.
Les exportations hors hydrocarbures demeurent insuffisantes pour compenser les variations du pétrole et du gaz. Leur baisse en 2024 montre que la diversification reste fragile et encore concentrée sur quelques produits à faible ou moyenne valeur ajoutée.
Du côté des importations, la hausse traduit à la fois les besoins de consommation, les besoins industriels et la reprise de l’investissement. Mais elle rappelle aussi que l’appareil productif national dépend encore largement de l’étranger pour ses équipements, ses intrants, ses technologies et certains produits alimentaires stratégiques.
Ce qu’il faut retenir
En 2024, l’Algérie a conservé un excédent commercial, mais celui-ci s’est fortement réduit. Les exportations ont baissé à 49,07 milliards de dollars, tandis que les importations ont augmenté à environ 45,33 milliards de dollars. Le solde commercial reste positif à 3,73 milliards de dollars, mais il est très inférieur aux 12,71 milliards de dollars enregistrés en 2023.
Cette évolution confirme une réalité centrale : la stabilité extérieure de l’Algérie dépend encore très largement des hydrocarbures. Le véritable enjeu stratégique consiste désormais à élargir la base exportatrice du pays, à développer des produits industriels et agricoles à plus forte valeur ajoutée, et à réduire progressivement la dépendance aux importations sensibles.