Flash éco

Situation économique des pays émergents 

Cette semaine a été marquée par une forte dégradation des conditions de financement des pays émergents. Le début de semaine a été marquée par la chute du prix du pétrole (−35,2 % du prix du Brent entre le 5 et 12 mars) consécutive à l’absence d’accord OPEP+ le 6 mars entre la Russie et l'Arabie Saoudite et à l’annonce de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis d’augmenter leur production de brut à partir d’avril, ce qui pénalise les pays exportateurs de matières premières. Par ailleurs, l’ensemble des pays émergents pâtissent de la hausse de l’aversion au risque généralisée sur les marchés financiers mondiaux dans le contexte de la crise du coronavirus, malgré les annonces des banques centrales des pays développés pour soutenir leurs économies et en particulier de la BCE jeudi 12 mars, qui n’a pas su convaincre les marchés, ce qui a provoqué la chute des marchés boursiers au niveau mondial et la hausse des spreads des pays de la zone euro. Enfin, à ce contexte compliqué s’est ajouté la décision de l’OMS de classer l’épidémie du Covid-19 au stade de pandémie mondiale le jeudi 12 mars, compte tenu de l’évolution exponentielle du nombre de contaminations au coronavirus en Europe, ainsi que la décision des Etats-Unis d’interdire l’entrée sur son territoire des vols européens en provenance de l’espace Shenghen, faisant craindre un ralentissement plus abrupte de la croissance mondiale.

Chine : Forte chute des exportations chinoises en janvier et février, baisse des réserves obligatoires des banques

Pour la première fois depuis huit ans, la Chine est en déficit commercial (−7,1 Mds USD). Selon les chiffres préliminaires des douanes pour les mois de janvier et de février, les exportations ont chuté de −17,2 % en g.a. et les importations ont diminué de − 4,0 %. Les exportations chinoises se réduisent à destination des Etats-Unis (−27,7 %), de l’Union européenne (−18,4 %), du Japon (−24,5 %) et de la Corée du Sud (−18,6 %). Seules les exportations vers l’ASEAN (−5,1 %) subissent un choc moindre. Sur la même période, les importations chinoises en provenance de l’Union européenne et du Japon  baissent de  respectivement −11,4 % et −9,3 % tandis qu’elles augmentent depuis l’ASEAN (+7,2 %), des Etats-Unis (+2,5 %) et d’Australie (+3 %) malgré le contexte économique. Face au ralentissement de l’économie et  à la baisse des échanges extérieurs, la banque centrale (PBoC) a annoncé qu’elle réduirait à partir du 16 mars le ratio des réserves obligatoires (RRR) de 50 à 100 pdb pour les banques qui ont atteint les objectifs de la « finance inclusive » (les prêts inférieurs à 10 millions RMB accordés aux PME et aux particuliers pour des raisons opérationnelles). La PBoC a également déclaré que le RRR des joint-stock banks serait réduit de 100 pdb supplémentaires. Cette baisse ciblée des RRR libérera au total 550 Mds RMB de liquidités à long terme.

ASEAN : Multiplication des plans de relance budgétaire

Pour faire face aux conséquences économiques de l’épidémie de coronavirus, le Vietnam, la Thaïlande et le Cambodge annoncent un plan de relance, alors que l’Indonésie et Singapour en prévoient un second. L’Indonésie a allégé la fiscalité pour les entreprises et les particuliers, subventionné les salaires et débloqué des aides en cash. Des mesures de soutien aux importations sont également annoncées. En Malaisie, le nouveau gouvernement pourrait être amené à reconsidérer le budget 2020 et à réduire les dépenses, car ce dernier repose sur l’hypothèse d’un baril à 62 USD. Le gouvernement de Singapour prépare un deuxième plan de relance après un premier paquet de 4 Mds SGD (2,9 Mds USD) qui visera en priorité à aider les travailleurs à conserver leur emploi. Au Vietnam, outre un plan de soutien aux secteurs les plus affectés de 1,3 Md USD et du report de plusieurs taxes, les banques commerciales se sont engagées à offrir des crédits à taux préférentiels, à hauteur de 12 Mds USD, aux entreprises vulnérables. En Thaïlande, le gouvernement met en place un plan de relance de 400 Mds THB (environ 12,7 Mds USD) comprenant des conditions avantageuses pour les prêts et des réductions d’impôts. L’économie thaïlandaise est fortement pénalisée par l’épidémie de Covid-19, sur le secteur du tourisme notamment. Au Cambodge le gouvernement prévoit de dépenser de 800 M USD à 2 Mds USD pour soutenir l’économie dans le contexte de l’épidémie.

►Brésil : baisse des prévisions de croissance pour 2020 par le Ministère de l’Economie

Dans la foulée de la dégradation des anticipations des opérateurs de marché, le Ministère de l’Economie a abaissé ses perspectives de croissance pour 2020 de 2,4% à 2,1%, dans le contexte de la crise du coronavirus. Cette prévision se rapproche du consensus de marché qui prévoit en moyenne, depuis les dernières révisions de février, une croissance de 2% pour 2020. La crise du Coronavirus pourrait impacter le Brésil à travers la productivité, la baisse des exportations en valeur (en raison de la baisse de la demande adressée au Brésil et de la chute du prix des matières premières) et du resserrement des conditions financières.

Source: direction générale du trésor

© 2019, AlgeriaBusiness. All Rights Reserved.