Finance public 2024

Tendances générales

En 2024, les finances publiques algériennes se sont dégradées par rapport à l’année précédente, sous l’effet d’un recul marqué des recettes budgétaires et d’une progression des dépenses de l’État. Le déficit budgétaire s’est ainsi fortement creusé pour atteindre 4 930,3 milliards de dinars (≈ 36,8 milliards USD), contre 1 406,9 milliards de dinars (≈ 10,5 milliards USD) en 2023, soit une hausse de près de 250 %. Rapporté au PIB, il représente désormais 13,8 %, contre 4,2 % un an plus tôt.

Cette évolution s’explique principalement par la baisse des recettes des hydrocarbures (-31,1 %), conséquence du recul des prix et des exportations, mais également par le ralentissement des recettes fiscales hors hydrocarbures (-13,5 %). Dans le même temps, les dépenses publiques ont poursuivi leur progression (+9 %), accentuant le déséquilibre budgétaire.

En parallèle, le déficit du solde global du Trésor s’est également aggravé, atteignant 4 978,7 milliards de dinars (≈ 37,2 milliards USD) en 2024, contre 1 858,0 milliards de dinars (≈ 13,9 milliards USD) en 2023, illustrant les tensions croissantes sur les finances publiques malgré l’amélioration des comptes spéciaux du Trésor.

Chiffres clés 2024

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Déficit budgétaire

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Les recettes budgétaires

En 2024, les recettes budgétaires de l’État ont chuté de 22,7 %, passant de 10 735 milliards de dinars (≈ 80,1 milliards USD) à 8 302 milliards de dinars (≈ 61,9 milliards USD). Elles ne couvrent plus que 62,7 % des dépenses publiques, contre 88,4 % en 2023, accentuant ainsi le déficit budgétaire.

Cette baisse s’explique principalement par le recul des recettes des hydrocarbures, qui tombent à 3 841 milliards de dinars (≈ 28,7 milliards USD), soit une baisse de 31,1 %, sous l’effet de la diminution des prix internationaux du pétrole et du gaz. Les recettes hors hydrocarbures reculent également de 13,5 %, à 4 462 milliards de dinars (≈ 33,3 milliards USD).

Les recettes fiscales demeurent la principale ressource de l’État avec 3 376 milliards de dinars (≈ 25,2 milliards USD). Elles reposent principalement sur l’impôt sur le revenu (IRG), qui atteint 1 633 milliards de dinars (≈ 12,2 milliards USD), et sur les impôts sur la consommation, dont la TVA, qui génèrent 1 225 milliards de dinars (≈ 9,1 milliards USD).

Les recettes non fiscales enregistrent également un net recul de 34,7 %, pour s’établir à 1 086 milliards de dinars (≈ 8,1 milliards USD), principalement en raison de la baisse des dividendes versés par les entreprises publiques.

Analyse Algeria Business

La baisse des recettes publiques en 2024 reflète avant tout la dépendance persistante des finances publiques aux revenus des hydrocarbures. Malgré une part désormais majoritaire des recettes hors hydrocarbures, le renforcement de la fiscalité ordinaire et l’amélioration du recouvrement des impôts restent des défis majeurs pour assurer un financement plus durable des dépenses de l’État.

Les dépenses publiques

En 2024, les dépenses budgétaires de l’État ont poursuivi leur hausse pour atteindre 13 232,7 milliards de dinars (≈ 98,7 milliards USD), contre 12 142,0 milliards de dinars (≈ 90,6 milliards USD) en 2023, soit une progression de 9,0 %. Elles représentent désormais 37,0 % du PIB, contre 36,1 % un an auparavant.

Cette augmentation est principalement portée par les dépenses courantes, qui s’élèvent à 9 900,2 milliards de dinars (≈ 73,9 milliards USD), en hausse de 8,3 %. Elles représentent près de 75 % du budget de l’État et expliquent à elles seules près de 70 % de l’augmentation des dépenses publiques.

Les dépenses de personnel progressent à 3 514,8 milliards de dinars (≈ 26,2 milliards USD) (+9,4 %), sous l’effet de la revalorisation des salaires dans la fonction publique. Malgré une baisse de 9,4 %, les dépenses de transfert demeurent le premier poste budgétaire avec 5 274,2 milliards de dinars (≈ 39,4 milliards USD), soit plus de 53 % des dépenses de fonctionnement.

Les dépenses en capital, destinées principalement aux investissements publics, atteignent 3 332,4 milliards de dinars (≈ 24,9 milliards USD), en hausse de 11,2 % par rapport à 2023. Elles représentent environ un quart des dépenses budgétaires.

Enfin, les charges de la dette publique restent limitées malgré une légère progression, atteignant 405,7 milliards de dinars (≈ 3,0 milliards USD).

Analyse Algeria Business

En 2024, l’État a continué de soutenir l’économie par une politique budgétaire expansive. Toutefois, la combinaison d’une hausse des dépenses (+9 %) et d’une forte baisse des recettes (-22,7 %) a fortement dégradé l’équilibre des finances publiques. Les recettes budgétaires ne couvrent désormais que 62,7 % des dépenses, contre 88,4 % en 2023, illustrant l’ampleur du creusement du déficit budgétaire.

Capacité de financement

En 2024, le déficit primaire de l’État (hors charges de la dette) s’est fortement aggravé pour atteindre 4 524,6 milliards de dinars (≈ 33,8 milliards USD), contre 1 011,3 milliards de dinars (≈ 7,5 milliards USD) en 2023. Il représente désormais 12,6 % du PIB, contre 3,0 % un an auparavant.

Cette dégradation résulte de la combinaison d’une forte baisse des recettes publiques et d’une hausse continue des dépenses budgétaires, accentuant le déséquilibre des finances de l’État.

Le déficit budgétaire global atteint ainsi 4 930,3 milliards de dinars (≈ 36,8 milliards USD), soit 13,8 % du PIB, contre 1 406,9 milliards de dinars (≈ 10,5 milliards USD) en 2023.

En intégrant les comptes spéciaux du Trésor et les autres opérations financières, le déficit global du Trésor s’élève à 4 978,7 milliards de dinars (≈ 37,2 milliards USD), soit 13,9 % du PIB, contre 1 858,0 milliards de dinars (≈ 13,9 milliards USD) en 2023.

Un financement assuré par les ressources internes

Contrairement à de nombreux pays, l’Algérie n’a pas eu recours à un nouvel endettement extérieur pour financer ce déficit. Celui-ci a été couvert exclusivement par des ressources internes, principalement grâce aux disponibilités du Trésor auprès de la Banque d’Algérie.

Les avoirs du Trésor à la Banque d’Algérie ont ainsi fortement diminué, passant de 2 917,9 milliards de dinars (≈ 21,8 milliards USD) fin 2023 à seulement 241,8 milliards de dinars (≈ 1,8 milliard USD) fin 2024.

Analyse Algeria Business

L’année 2024 marque un tournant pour les finances publiques. La forte progression du déficit a été absorbée sans recours massif à la dette extérieure, mais au prix d’une réduction importante des réserves financières du Trésor. Dans un contexte de prix des hydrocarbures plus incertains, l’élargissement de la fiscalité hors hydrocarbures, l’amélioration du recouvrement des recettes et une meilleure maîtrise des dépenses publiques apparaissent comme des priorités pour préserver les équilibres budgétaires dans les années à venir.