Pétrole : les exportations algériennes reculent de 11,5 %, malgré la poussée sud-coréenne
Les exportations algériennes de pétrole brut transporté par voie maritime ont reculé de 11,5 % sur les neuf premiers mois de 2026, tandis que les ventes vers la Corée du Sud ont bondi de 77 %. Le contraste est important : l’Algérie gagne du terrain sur un grand marché asiatique, mais cette progression ne compense pas encore la baisse des volumes expédiés vers plusieurs débouchés européens.
Les chiffres à retenir
370 000 barils/jour exportés en moyenne entre janvier et septembre 2026 · 418 000 b/j sur la même période de 2025 · -11,5 % sur un an · Corée du Sud : 53 000 b/j, contre 30 000 b/j en 2025, soit +77 %.
Le recul global compte davantage que la seule hausse sud-coréenne
Selon les données publiées le 7 octobre par l’Unité de recherche sur l’énergie d’Attaqa, les exportations maritimes de brut algérien se sont établies en moyenne à 370 000 barils par jour sur les neuf premiers mois de 2026, contre 418 000 barils par jour sur la même période de 2025.
L’écart représente environ 48 000 barils par jour en moins. Cette évolution est importante pour l’analyse macroéconomique : une amélioration de certains débouchés ne signifie pas nécessairement une hausse des recettes si les volumes globaux diminuent.
La Corée du Sud devient le deuxième client du brut algérien
La Corée du Sud constitue l’exception majeure de la période. Ses importations de brut algérien ont atteint 53 000 barils par jour en moyenne entre janvier et septembre 2026, contre 30 000 barils par jour un an plus tôt.
Cette progression de 77 % propulse Séoul à la deuxième place des principaux importateurs de brut algérien transporté par mer, derrière l’Espagne.
| Marché | Importations moyennes 2026 |
|---|---|
| Espagne | 64 000 b/j |
| Corée du Sud | 53 000 b/j |
| France | 50 000 b/j |
| Royaume-Uni | 43 000 b/j |
| Italie | 37 000 b/j |
À eux cinq, ces marchés ont représenté environ 67 % des exportations algériennes de brut maritime sur les neuf premiers mois de l’année.
Le recul européen pèse sur les volumes
Le mouvement asiatique intervient alors que plusieurs grands clients européens ont réduit leurs achats. L’Espagne est passée de 83 000 à 64 000 barils par jour entre les neuf premiers mois de 2025 et ceux de 2026. La France est passée de 72 000 à 50 000 barils par jour, soit une baisse d’environ 30 %. Le Royaume-Uni et l’Italie enregistrent également un recul.
La progression sud-coréenne limite donc l’effet de la baisse européenne, sans l’effacer.
Pourquoi la Corée du Sud augmente ses achats
Attaqa relie cette évolution à la stratégie sud-coréenne de diversification des approvisionnements, notamment hors du Golfe. Le brut léger algérien présente un intérêt pour certaines raffineries asiatiques capables de traiter ce type de qualité, tandis que Séoul cherche à réduire certains risques géopolitiques liés à ses chaînes d’approvisionnement.
Pour l’Algérie, cette ouverture asiatique est intéressante car elle réduit la concentration sur les marchés européens traditionnels.
Le point à surveiller : volume, prix et recettes ne racontent pas la même chose
Une baisse des volumes exportés ne se traduit pas automatiquement par une baisse équivalente des recettes. Les revenus dépendent aussi du prix du baril, de la qualité vendue, des différentiels commerciaux et des coûts de transport.
Inversement, une hausse du prix du pétrole peut masquer temporairement une contraction des quantités vendues. Pour Algeria Business, le bon indicateur n’est donc pas seulement le volume exporté, mais le couple volume × prix réalisé.
Analyse Algeria Business
Le changement de destination est positif, mais il ne doit pas masquer la contraction globale des exportations. L’Algérie diversifie ses débouchés en Asie, mais reste encore fortement dépendante de quelques marchés : cinq pays concentrent environ les deux tiers des exportations maritimes de brut.
Le principal sujet pour les prochains mois sera de savoir si la progression asiatique devient structurelle et si elle peut compenser durablement le recul observé en Europe. Il faudra également rapprocher les données de volumes des recettes d’exportation et de la production effective.
Sources
Photo d’illustration : Michael Mulford / Unsplash.