Foncier industriel 2027 : 16 opérations dans 14 wilayas, le vrai enjeu est la mise à disposition

Le ministère de l’Industrie a soumis, dans le cadre du projet de loi de finances 2027, des demandes d’inscription portant sur 16 nouvelles opérations d’aménagement et de réhabilitation de zones industrielles et de zones d’activités réparties sur 14 wilayas. L’enjeu ne se limite pas à créer davantage de foncier : il consiste surtout à rendre des terrains réellement viabilisés, disponibles et rapidement exploitables par les investisseurs.

Les chiffres à retenir

16 nouvelles opérations proposées · 14 wilayas concernées · 729 zones recensées à l’échelle nationale · portefeuille ANFI : 142 zones couvrant 13 720 hectares · 6 nouvelles zones supplémentaires couvrant 870 hectares.

Une programmation 2027 ciblée sur les zones jugées les plus prêtes

Selon les informations communiquées le 6 octobre devant la commission économique de l’Assemblée populaire nationale, les demandes ont été proposées par les walis puis examinées selon plusieurs critères : attractivité de la wilaya pour l’investissement, disponibilité d’assiettes foncières prêtes à accueillir des projets et niveau d’avancement des travaux dans les zones concernées.

Le ministère veut donner la priorité à l’achèvement des opérations déjà engagées et à l’amélioration du niveau de préparation des zones existantes. Cette logique est déterminante : une zone industrielle inscrite administrativement mais sans voirie, eau, électricité, gaz, assainissement ou accès logistique reste difficilement mobilisable par une entreprise.

729 zones recensées : le problème devient celui de leur qualité opérationnelle

Le recensement général du foncier industriel a porté sur 729 zones à travers le territoire national. Cette cartographie met en évidence un patrimoine foncier important, mais hétérogène par son statut juridique, son niveau d’aménagement et son mode de gestion.

Pour les investisseurs, le chiffre brut du foncier disponible ne suffit donc pas. Le véritable indicateur économique est la part des terrains qui peuvent être attribués puis effectivement utilisés dans des délais compatibles avec un projet industriel.

ANFI : plus de 13 700 hectares dans le portefeuille

L’Agence nationale du foncier industriel, créée en 2023, gère actuellement 142 zones industrielles et zones d’activités totalisant 13 720 hectares, auxquelles s’ajoutent six nouvelles zones représentant 870 hectares.

Trois nouvelles zones sont annoncées comme aménagées : Ouled Ben Damou à Tlemcen sur 103 hectares, l’extension de Sidi Bel-Abbès sur 54 hectares et El-Kseur à Béjaïa sur 176 hectares. Les travaux atteignent par ailleurs 99,5 % à El Arbatache dans la wilaya de Boumerdès et 78,5 % à Oued Nechou dans la wilaya de Ghardaïa.

Le contrôle après attribution devient central

Le ministère insiste également sur le suivi des projets après attribution du foncier : respect des délais, réalisation effective, conformité au cahier des charges et exploitation réelle des terrains. Ce point est essentiel dans un contexte où certaines assiettes ont historiquement été immobilisées sans déboucher sur des investissements productifs.

La loi n° 23-17 permet à l’Agence algérienne de promotion de l’investissement de récupérer certaines assiettes relevant du domaine privé de l’État par acte administratif en cas de manquement, sans devoir systématiquement passer par une procédure judiciaire.

Ce que cela change pour les entreprises

Pour une entreprise industrielle, trois variables sont déterminantes : le délai d’accès au terrain, le coût de raccordement aux réseaux et la prévisibilité administrative. L’impact du programme 2027 dépendra donc moins du nombre d’opérations annoncées que du nombre de lots effectivement mis à disposition avec leurs infrastructures achevées.

Les secteurs qui bénéficient le plus d’un foncier industriel viabilisé sont notamment l’agroalimentaire, la transformation de matériaux, la chimie, les industries mécaniques, les équipements électriques, la logistique et les activités de sous-traitance.

Analyse Algeria Business

Le signal est positif, mais il faut éviter de confondre programmation budgétaire et capacité industrielle immédiatement disponible. Les 16 opérations sont des demandes d’inscription au PLF 2027 : elles devront encore franchir les étapes budgétaires, d’exécution des marchés et de livraison des infrastructures.

Le bon indicateur de suivi pour 2027 sera donc le passage de la chaîne suivante : opération inscrite → crédit engagé → travaux réalisés → lot disponible → attribution → chantier industriel → production. C’est à ce niveau que l’on pourra mesurer si la politique du foncier contribue effectivement à accélérer l’investissement productif.

Sources

Photo d’illustration : Adrian Sulyok / Unsplash.