Situation économique et financière du Maroc - Décembre 2020

22 décembre 2020

Maroc - Du fait de la crise du Covid-19, le Maroc connaîtra en 2020 sa plus importante récession en 25 ans. Le FMI prévoit une contraction du PIB de 7,2 %, en raison du confinement sanitaire qui se superpose à la mauvaise campagne céréalière due à une sècheresse récurrente. Bien que les fondamentaux macroéconomiques soient fragilisés, les récentes sorties réussies du Maroc sur les marchés financiers internationaux démontrent que le Royaume a toujours la confiance des investisseurs.

Situation économique et financière du Maroc - Décembre 2020

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1. En raison d’un confinement drastique dans les 1ers mois de la pandémie et de sa dépendance à des facteurs exogènes (pluviométrie, croissance européenne, insertion dans les chaînes de valeur mondiales), le PIB marocain devrait se contracter de 7,2 % sur l’année 2020 selon le FMI. L’économie marocaine s’était contractée de 8,7 % au T3 2020 (contre – 14,9 % un trimestre plus tôt). Plusieurs facteurs aggravants se sont superposés au fort ralentissement de la majeure partie de l’activité économique pendant le confinement (80 jours) : la sensibilité de l’économie marocaine à la demande européenne (moteur des principaux écosystèmes industriels marocains) et la sécheresse persistante, ayant plus que divisé par deux les rendements céréaliers (repli du PIB agricole escompté à –5,0 %).

2. Les répercussions sociales de la crise ont dans l’immédiat été contenues grâce à des mesures d’urgence fortes, qui ont consisté à :

1) soulager la trésorerie des entreprises (création d’une nouvelle garantie publique (Damane Oxygène dont 47 000 entreprises ont bénéficié, moratoire sur les échéances des crédits, report des charges fiscales et sociales) ;

2) limiter la baisse des revenus des salariés par la mise en œuvre d’une nouvelle indemnité chômage forfaitaire de 2000 MAD/mois ;

3) subvenir aux besoins des 4,3 millions de foyers les plus précaires (vivant du travail informel) via une aide de subsistance de 800 à 1 200 MAD/mois selon la taille du ménage (cette mesure n’est plus en vigueur). La mise en œuvre de ces mécanismes d’urgence illustre une bonne gestion institutionnelle de la crise, dont l’impact social demeure toutefois nécessairement important. Il s’illustre notamment par une nette augmentation du chômage des jeunes (touchant 32,3 % de la population au T3 2020 contre 26,7 % un an auparavant) et une progression annoncée de la pauvreté (un million de personnes pauvres et vulnérables s’ajouteront aux deux millions préexistants).

3. Bien que le coût de ces mesures exceptionnelles ait essentiellement été absorbé par le Fonds spécial de Gestion de la Pandémie mis en place au début de la crise, le déficit budgétaire et la dette du Trésor devraient augmenter à respectivement 7,7 % et 76,1 % du PIB (FMI). Le Fonds spécial, qui a récolté plus de 33 Md MAD via la contribution du budget de l’Etat (pour le tiers) et des dons des entreprises et institutions publiques et de la population, a pu absorber 24,7 Md MAD de dépenses exceptionnelles liées à la crise (financement des mesures d’urgence et augmentation des capacités du ministère de la Santé). Toutefois, la diminution des recettes fiscales devrait entraîner une augmentation du déficit budgétaire à 7,7 % du PIB (+ 3,6 pts par rapport à 2019) et de la dette du Trésor à 76,1 % du PIB (+ 10 pts). Fort de ce constat, l’agence de notation Fitch Rating a révisé à la baisse la note du Maroc en octobre 2020 (passant de BBB- à BB+ et perdant ainsi son Investment Grade). Cela n’a pas entraîné de conséquences négatives sur les emprunts à l’international du Royaume.

4. Les conséquences de la crise sur les équilibres extérieurs ont pu être atténuées par le tirage de l’intégralité de la Ligne de Précaution et de Liquidité accordée par le FMI et les dernières sorties du Trésor marocain sur les marchés financiers internationaux. Structurellement, le Maroc enregistre un déficit commercial élevé (18,5 % du PIB en 2019), en partie compensé par les recettes issues du tourisme et les transferts de fonds des Marocains résidant à l’étranger (MRE) (déficit courant de 4,1 % du PIB en 2019), qui constituent, avec les recettes des exportations, les principales rentrées de devise du Royaume. Or, la crise a certes entraîné un recul des importations de 16,6 % sur les dix premiers mois de l’année, mais également une diminution de 10,1 % des exportations et de 60,3 % des recettes touristiques (les transferts des MRE sont stables). En conséquence, le déficit courant devrait s’élever à 6,9 % du PIB fin 2020. Pour anticiper l’éventualité d’une crise de liquidité externe, le Trésor marocain avait appelé en avril 2020 l’intégralité de la Ligne de Précaution et de Liquidité (3 Md USD) que le FMI lui octroie depuis 2012. Il a bénéficié en outre du soutien d’urgence des principaux bailleurs internationaux (100 M EUR octroyés par l’AFD, 150 M EUR par l’UE, 275 M USD par la Banque Mondiale). Les réserves de change du Royaume ont par ailleurs été confortées par les dernières sorties du Trésor sur les marchés financiers internationaux (24 septembre et 8 décembre), où le Maroc a levé 1 Md EUR puis 3 Md USD. Les réserves représentent désormais un matelas confortable de 7 mois d’importations.

Sources : Trésor publique – France 

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